Ca me manque, quand même.


Ta main et la mienne, ma tête sur ton épaule. On se ressemble, paraît-il. Je donnerais tout ce que j'ai pour revivre ne serait-ce qu'une de ces journées avec toi, à manger ton gratin dauphinois, qu'à l'époque je considérais comme la chose la plus délectable qui soit, à regarder "Questions pour un Champion" en t'écoutant donner à l'avance toutes les réponses, à me répéter que t'étais belle et que je serais écrivain presque comme toi plus tard, à attraper le pompon du manège, à te regarder tresser mes cheveux, à être enrhumée juste pour le plaisir d'engloutir le miel que tu m'apportais, à écouter Ray Charles, à se promener sur la plage, à essayer tes boucles d'oreilles, à sentir ton parfum quand tu me prenais dans tes bras, ce parfum qui aujourd'hui me lacère le coeur mieux qu'un cutter, à te parler des sujets qui intéressent les enfants et t'écouter me répondre avec ta bienveillance coutumière, à lire les livres que tu m'achetais, à guetter les écureuils avec tes jumelles, à entendre le bruit de tes pantoufles, à me gaver de glace au citron "sans morceaux dedans", à te regarder faire la sieste, à te faire des dessins que tu mettais sur le frigo, à jouer avec les jouets que tu m'offrais, à donner à manger aux animaux du zoo, à aller faire les courses avec toi, à t'entendre rire, à savourer tes câlins, tes baisers, tes compliments, ta fierté, ton amour. A ne plus jamais vouloir repartir, parce que j'avais trouvé à tes côtés tout ce dont j'avais besoin.
Parce que c'était toi qui m'apportait tout ce dont j'avais besoin, je puisais ma confiance dans celle que tu avais pour moi, tu étais la seule, la vraie, l'unique, tu croyais en mes rêves, tu avais foi en moi, plus que n'importe qui. Juste tes bras autour de moi, qui me serraient fort-fort-fort, et j'aurais pu mourir sur-le-champ, plus rien n'avait d'importance. T'étais la seule, bordel. T'étais la seule qui comptait. Y'avait surtout toi dans mon coeur, t'avais cette place spéciale que personne d'autre n'occupera plus jamais, j'étais heureuse avec toi, de ces bonheurs d'enfants silencieux qui se passent de mots.

Ca me manque, quand même.

# Posté le vendredi 28 novembre 2008 18:14

"La Vieille Dame", c' était elle.



Un jour, j' étais assise sur un banc dans une rue, et une vieille femme est venue s' asseoir à côté de moi. Je n' ai rien dit, me contentant de l'observer du coin de l'oeil. Elle avait des cheveux blancs avec des boucles, comme un peu la plupart des vieilles dames, un beau visage ridé, des yeux marrons. Après un silence, elle s' est tournée vers moi, m' a demandé mon prénom, a dit qu'il faisait beau, ce à quoi j'ai acquiescé. Puis elle s' est mise à me raconter sa vie, mentionnant son chat, son mari, son opération de je sais plus quoi, les informations télévisées, des banalités, de la hausse des prix, et l'accroissement inquiétant du nombre d'incendies. Je l'ai écoutée en silence, hochant la tête parfois, ouvrant la bouche pour dire des "Ah oui ?" polis, auxquels elle répondait des "Oui oui" enflammés, souriante, avant de se replonger dans son récit, contente de l'intérêt que je semblais porter à tout ce qu'elle disait. Au bout d'un moment je me suis levée, l'ai saluée et je suis partie, en me disant qu'elle était sûrement un peu maboule, mais bien brave.

Aujourd'hui, je repense à elle. Et je me dis que si je la recroise, je lui parlerai aussi, lui donnerai mes coordonnées et je l'emmènerai boire un café, on discutera de tout ce dont elle voudra, aussi longtemps qu'elle le voudra. Parce qu'il y a des gens tellement seuls qu'ils ont besoin de parler aux premiers inconnus qu'ils croisent. Et ça, ça me fout les boules, ça me broie le coeur.

Quand je s'rai grande, je s'rai écouteuse de vieilles dames seules.

Pour compenser ce que je n' ai pas fait avec toi...

"La Vieille Dame", c' était elle.

# Posté le mardi 18 novembre 2008 13:31

Modifié le mardi 18 novembre 2008 13:52

Alors, un camélia.




T' aimes ça, hein ? Me voir tomber, abandonner, rendre les armes, pour que le combat cesse. Je ne suis pas assez forte pour te faire face et tu te délectes de cet avantage que tu as sur moi, engoncée dans un espoir vain et naïf de réconciliation, de complicité et de tout ce qui nous a pendant si longtemps fait défaut, et n'a jamais été aussi mince qu'en ce moment. Tu sais mes peurs, tu sais frapper là où ça fait mal, pourquoi t'en priver ? Tu connais mes faiblesses, tu as compris que je n'étais pas assez solide pour résister, pas assez confiante pour ne pas croire à toutes tes phrases empoisonnées, à tes mots fielleux qui me blessent plus sûrement que n'importe quel poignard. Je ne sais plus quoi croire, ni quoi penser, alors je tente sans succès de m' ériger une carapace de silence et de mutisme pour protéger le peu d' estime de moi que tu n' as pas encore détruit.


Alors, un camélia.

# Posté le dimanche 16 novembre 2008 16:47

Modifié le mardi 18 novembre 2008 11:10

Parce que mardi soir.






"Je suis un cimetière abhorré de la Lune,


Parce que c' est le bordel dans ma tête, y' a trop de choses qui arrivent en même temps, y' a trop de questions, beaucoup trop de questions, pis Sandrine me manque, Piou me manque aussi, comment expliquer cette impression flippante que rien n' est stable, que demain si ça se trouve, je vais crever. Mais j' arrive pas à profiter de toutes les choses vraiment bien qui m' arrivent, y' a toujours une petite main griffue qui déchire mes étoiles, qui éclate mes ballons.


Où comme des remords se traînent de longs vers


Pis j' aimerais être folle, pour savoir comment ça fait. Bon, on doit pas s' en rendre compte, mais tant pis, ce serait juste pour deux ou trois jours. Pas une tarée psychopathe, mais un genre de rêveuse qui a pas trop le sens des réalités, qui peut rire pendant trois quarts d' heure sans s' arrêter à cause d' un truc complètement inutile, voire même pas drôle. Pierrot. Une chanson d' adieu. Pierrot le Fou, Pierrot le Clown. Pis cette envie de te serrer dans mes bras, là, tout de suite, et pas de te parler à travers le verre d' un cadre, puisque tu n' existes plus que sur cette photo.


Qui s' acharnent toujours sur mes morts les plus chers."


Chut.







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# Posté le mardi 21 octobre 2008 13:02

Modifié le mercredi 22 octobre 2008 12:23

Ghiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !

Ghiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !







" Here' s Johnny ! "








# Posté le samedi 13 septembre 2008 20:37